11 janvier, 2016

Le Vieux Mineur


Des mois se sont écoulés depuis la dernière nouvelle ou les derniers poèmes partagés. Mais je n'oublie pas la passion des mots, elle est toujours aussi forte, la flamme brûle toujours en moi, l'encre coule encore plus vite que précédemment.
Dans le monde actuel j'ai trouvé l'inspiration pour cette nouvelle intitulée "Le Vieux Mineur".
Le Vieux Mineur

L'un d'entre eux n 'avait pas de nom. Il appartenait à la catégorie des hommes non humain, ceux destinés au travail jusqu'à la mort, puis à l'oubli après le trépas. Un jour il eut le droit au repos, on le laissa tranquillement faire sa vie. Or d'après certains, il ne faisait rien avec sa liberté, était-ce la gâcher?


Il se tenait là, dans la rue à observer les passants. Parfois il les enviait tandis que d'autres fois il pleurait pour leurs malheurs. Assit sur un banc il pensait à ce qu'il ferait à la place de cette dame en voiture ou de ce jeune homme qui tient un bouquet de fleurs. Des heures passaient sans qu'ils ne se lasse d'observer la vie qui grouillait autour de lui.
Il est fermement sur son banc au milieu de la rue de l'aube au coucher su soleil en passant par midi et quatorze heures. Sans but, sans idée il laisse passer le temps. Il ne fait rien et attend. Il attend que le temps passe en regardant les passant assit sur un banc. Voilà le merveilleux schéma répétitif de sa vie d'octogénaire.

Souvent une jeune femme, toujours la même, s'arrête pour lui poser des questions sur sa santé, s'il sait encore où il habite, s'il attend quelqu'un, etc. Le vieil homme ne répond qu'un mot : « vite ». Alors la jeune femme lui demande de répéter, et ceci jusqu'à ce qu'il se décide enfin à articuler une phrase complète qui change selon la question. L'idée dans chacune reste cependant toujours la même : « laissez-moi en paix. »
Après des années de travaux laborieux, après des années de combats pour la survie, après des années de combats pour qu'on vienne lui adresser une attention chaleureuse il n'attend que du repos et refuse les jolis mots qu'on lui offre.
Il veut profiter du jour et de la vie, deux choses que l'on trouve encore actuellement au cœur d'une ville. Il n'y a rien de plus beau que ce que la vie nous éclaire: les chemins à prendre, les regards que l'on croise et les sourires qui se dessinent sur les visages. L'Homme avait et aura besoin d'amour.
Lui, celui qui est de ceux qu'on ne nomme pas et ceux qui vivent dans le noir et la boue, cherche à trouver ce qu'il n'a jamais su trouver pour être son or au temps de sa retraite. Il a beau avoir travaillé toute sa vie, il n'en aura eut que des souffrances incessantes.
La nuit il lui arrive de se réveiller et de se croire encore au fond du trou alors qu'il n'est plus dans cet enfer. Les démons de ses devoirs l'ont entaillé au cœur. Il a subit la dure vie d'un mineur.

Il était de ceux dont on savait qu'ils ne reviendraient peut être pas à la maison la soirée venue. A la mine on sautait dans le gouffre sans savoir quoi chercher, il suffisait d'obéir et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Il faisait nuit tout le temps pour cet homme : la journée il était sous terre, et lorsque la volonté arrivait à l'en faire sortir, la Lune était déjà bien haute dans le ciel.
Cette obscurité incessante ne le laissait jamais rêver de liberté pour autant.
Il se fit avoir par les mensonges des hommes aux noms très longs, beaux comme des capitales, ces noms d'hommes en costumes et chaussures vernies, ces hommes qui sentent l'eau de Cologne et le cigare. Les mensonges; ces alignement de mots divins pour un rien ne donnèrent que l'espoir qui fit vivre certains de ceux qui n'avaient pas le droit d'avoir un nom propre, sans suie ou cicatrice.
Leurs visages salis par la boue et humides de sueur faisaient peur. Ils leur arrivaient de se blesser ; le vieux mineur garde la cicatrice d'un coupure sur le nez, son bout en est même fendu.

A cause de cette marque il ne s'autorise pas à s'asseoir sur un banc près des écoles ; il ferait fuir les enfants, ils ne faut pas leur montrer les duretés de la vie alors qu'ils pensent encore aux comptes de fées et rêvent de posséder de magnifiques objets que les hommes empestant l'eau de Cologne ont grâce aux douleurs de ceux qui vivent au fond du trou. Pour leurs voitures luxueuses certains de leurs employés ne revirent ni le jour ni la sortie du puis. Mais il ne faut pas que le vieux mineur montre aux enfants un aspect chaotique de la vie. Les enfants d'aujourd'hui sont  désormais si heureux, si protégés : le vieil homme se sent rassurer de constater qu'une jeune fille n'est pas l'esclave de ses parents mais une fleur qu'il faut faire pousser étapes par étapes, avec de l'amour à la lumière du jour. Lui, ce travailleur nocturne, n'aurait pas su s'habituer à cette éducation douce alors qu'il a subit nombreux coups suivis par des aboiements d'ordres infâmes.

Dans la rue il ne dit rien, il observe tout d'un air amoureux. Puisque le sujet est amour il faut préciser qu'il ne trouva jamais sa flamme jumelle, ni son âme sœur. Menant une vie de débauche, il eut recourt aux plaisirs éphémères durant sa jeunesse alors qu'il ne savait que faire de l'argent qu'il recevait quand il avait trouvé plusieurs grammes d'or à la mine.
C'est pourquoi il n'avait ni femme, ni enfants, et sa famille d'avant n'existe plus selon ses pensées. Son banc est son royaume, qu'il soit sur la place du centre-ville ou à l'entrée du parc.
Sans femme il est donc sans horaires et sans impératifs. Il rentre chez lui quand il le souhaite. Sa demeure n'est que sanitaires, douche et lit. Cela est déjà de trop pour un homme sans nom qui n'eut jamais qu'un simple habit de travail et un sac de couchage. Il n'est dans sa maison que la nuit pour dormir. L'argent qu'il reçoit en guise de pensions par l'état lui suffit justement pour se nourrir. Jamais il ne sut cuisiner alors il change de brasserie chaque jour pour manger, parfois il va à la petite brasserie au coin de la Grande Rue alors que par les temps chauds il va sur la terrasse de la gare. Partout où il va il se laisse guider par la foule en rire.

Le vieil homme finit ses jours sur un banc à regarder les passants en attendant que le temps passe en se reposant. Choses simples qu'il n'a obtenu que trop tard. Par peur de ne pas en profiter assez il s'est promis de faire ainsi jusqu'à la fin de son existence.
Dix ans s'écoulèrent à admirer les jeunes mariés et à écouter le chant des oiseaux sur le rebord de la fontaine avant que le moteur du mineur ne cesse de fonctionner.
Lors d'un jour ensoleillé il a retrouvé l'obscurité dans un sommeil éternel.

Le 22 septembre 2015 au Japon
Julie FEGER-FISCHER

Exprimez vos réactions dans les commentaires. Ne pensez-vous pas que c'est une part de réalité?
Je vous laisse réfléchir à tout ceci en paix.
☽Ju☽

4 commentaires:

  1. Hello Julie, comme toujours un grand plaisir à te lire, et une douce émotion. Bravo pour cette belle histoire. Une vie sans amour c'est comme un voilier sans voile.
    Bisous tout plein, Mamie Yo & Papi.

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  2. bonjour Julie,

    comme tjrs très agréable à lire, quelle humilité , que de sentiments , juste vrai Bravo

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