06 juillet, 2015

Douce Alcoolémie 2/3


Il y a environ plus de deux semaines, je postais un début de récit. Aujourd'hui voici la suite de "Douce Alcoolémie". J'avais coupé la première partie au milieu d'une phrase, juste pour le plaisir et maintenir le suspens, alors voici la suite.
Cependant si vous n'avez pas lu la première partie c'est par là que ça se passe avant tout.

Douce Alcoolémie, suite

Je lui en veux, il a menti, quel hypocrite ! Et en plus il croit pouvoir obtenir son « Salut », sera-t-il prêt à laisser ses petits plaisirs sur la touche? Il devrait commencer par se respecter et le reste viendrait tout seul.


Trois jours maintenant que mon père a quitté la maison. Je vis seul avec ma mère et je prépare mes examens de fin d'année. Je travail dur, la détermination règne en reine dans mon cœur. Je lis, j'écris, je cherche, j'apprends dans le calme.

Pas de dialogue entre ma mère et moi ces temps-ci, elle se soucie trop de son mari et se renferme dans une gigantesque bulle de silence. Elle pleure tous les soirs pour cet ivrogne. J'imagine que ses larmes coulent sur sa joue comme l'eau éjectée par le pommeau sur mon fluet petit corps d'homme imberbe.


Ce soir il y a du bruit. Le chien aboie sur la rue fréquemment visité par quelques véhicules. C'est la nuit, je m'agite dans mon lit : impossible de fermer l’œil. Je ne fais que repenser aux faits antérieurs bien que c'est nocif de ressasser le passé; les bouteilles vides, les cris, l'oublie, le silence, mon père, ma mère, le temps qui passe. J'espère qu'il guérira, même si je n'attends aucun miracle. Dehors, la lune éclate de blancheur dans un rideau aux couleurs de la nuit immaculé d'étoiles ; c'est beau. Ce que je vois à l'extérieur m'apaise ; tout y est naturel, loin des tourments et des vents de disputes. Je suis fatigué.



Un bruit au salon ; mon cœur sursaute, je suis en sueur, me débattant furieusement dans mes draps. Ce fracas m'a sorti du lit. Quelqu'un se promène dans le salon, situé au rez-de-chaussée, là où sommeil ma mère. Se doit être mon père, mais c'est impossible car il est au presbytère à dix kilomètres au sommet de la colline qui surplombe le village. De plus il est surveillé par le curé et deux sœurs. Il est tombé dans le plus luxueux des asiles, ce veinard. Moi, gardien de la maison, je ne laisserais personne entrer, alors je décide de m'habiller et je descends. Dans les escaliers, je m'applique pour ne pas faire grincer le plancher. Au moment où je pose mon pieds au mauvais endroits ; le sol fait un craquement, mais un brisement de vers retentit en direction de la salle à manger ; trois mètres à gauche, au bout du couloir. S'ensuit un rire étouffé, à peine audible. Je colle mon oreille contre le mur qui me sépare de cette pièce où est l’intrus; je l'entends se déplacer, il ouvre la porte du buffet en bois puis cette dernière émet un grincement strident. Son mouvement s'arrête brusquement, puis il recommence plus doucement ; le grincement est plus doux même si mes poils se hérissent malgré un potentiel émotif mal géré. Je sens une présence de danger. La sécurité de mon toit est défaillante.

Vais-je l'attaquer de front ou par surprise ? Comment l'attaquer, je ne suis pas musclé, mais vraiment pas du tout, si c'est homme a un minimum de puissance, je suppose que je suis mort. Il faut que je me trouve une arme, ne serais-ce juste pour me défendre. Les couteaux sont tous à la cuisine, derrière la salle à manger, c'est mission impossible. A part des couteaux à poissons nous n'avons rien, même pas des ustensiles pour faire un steak du fait que ma mère ne mange pas de viande, mission doublement impossible pour ce qui est de neutraliser l'intrus. Je me souviens maintenant que mon père rangeait des bûches pour la cheminée sous la cage d'escalier. Dans cette grotte, je trouve mon bonheur ; un bout de bois en forme de massue qui tient parfaitement dans ma main et pas trop lourd, cependant suffisant pour assommer, en douceur, une personne de poids conséquent.

Je m'approche de la porte entre-ouverte de la salle à manger. Par la fente je distingue trois bougies allumées et une ombre rampante sur le mur, l'intrus semble se rapprocher de moi. Mais je sens quelque chose de froid et de douloureux dans mon flanc gauche, puis un filet bizarrement chaud se met à couler le long de ma jambe. J'ai mal, d'où cela vient-il, j'ai des mouches devant les yeux. Je...



Une affreuse douleur dans mon dos me réveil de ce sommeil incontrôlé, je gît au sol, haletant comme un bœuf. En face de moi, le plafond s'éclaircit, j'attends que les secondes passent allongé sur le côté droit de mon corps et je ne bouge pas. Des pas dans le corridor attirent mon attention, trop lourd pour être ceux de ma mère, ou même ceux de mon père. La masse sombre court en ma direction, je le distingue faiblement dans la lumière claire-obscure du jour qui se lève, je perçois mal les mouvements rapides dans la fin de la nuit. J'ai peur de cette individu, que me veut-il ? Mes paupières se baissent, mes mains vont vers mon visage pour me « protéger » comme un enfant qui pense qu'il disparaît lorsqu'il ferme les yeux parce qu'il fait noir, l'obscurité est plus sécurisante puisque justement, on ne voit rien. Je m'abandonne en aveugle sur le plancher du cadre de la porte de notre grande sale à manger en rotin. Quitte à mourir, je veux atteindre mon Salut dans le décor de mes plus heureux instants.

La chose continue sa course dans ma direction, les bruits sont de plus en plus fort, il fond à tout allure me semble-t-il. Plus de force, plus d'énergie, je n'ai rien pour me défendre, même pas un maigre clou. « Ce serait lâche de s'en prendre à un mourant » dis-je avec le peu de vie qu'il me reste.



Cette fois-ci, les cris de stupeur maternelle me réveillent ; je ne suis donc pas, ou pas encore, tout à fait mort. Je ne parviens pas à parler, j'entrouvre juste un peu les yeux avant de les refermer. La seconde où j'ai vu son visage m'a suffit pour distinguer une peau perlée de larmes. Ses mains chaudes se posent sur mon corps ; une sur la tête et une sur le cœur. C'est si apaisant de se sentir protégé, bien que la douleur soit de plus en plus forte, l'amour permettra de l’anesthésier une paire de temps.

A suivre...

Julie FEGER-FISCHER


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Bisous et #CoupDeJu
Ju♥

3 commentaires:

  1. Bonjour Poussin

    Bravo pour cette suite, y aura t il une 3ème partie?...

    A la fin du paragraphe "Je m'approche de la porte entre-ouverte..." un "je" se promène tout seul...
    Et on dit l'obscurité est sécurisante et non sécurisée....

    C'est super et je crois que je vais devenir ta 1ère fan hihi

    Je t'aime fort

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    Réponses
    1. Oui il y aura une suite, je corrige tout ça tout de suite, merci maman je t'aime

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    2. Super!!!
      A ton service mon poussin ;-)

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