17 juin, 2015

Douce Alcoolémie 1/3

Une histoire qui se lit à la plage, à la montagne, dans son lit le soir divisé en plusieurs parties qui paraîtrons au fur et à mesure que les semaines passent. Le récit n'est pas encore fini c'est pourquoi je ne peux pas encore assurer le nombre exact de chapitre. L'histoire se déroule n'importe où, fait réel de la vie mêlant jeunesse, haine et famille dans une bouteille vide.


 Douce Alcoolémie, partie 1

La bouilloire siffle par-dessus les cris stridents de ma mère. Encore une fois, mes parents se chamaillent à causes de cachotteries - délits semblables à des mensonges -,  mon père se tait, on ne l'entend pas respiré. Même si on s'imagine coller notre oreille contre son visage ; il n'y aurait aucun son, aucun souffle, ce serait vide.
Après les cris, une pluie de larmes coules le long du visage de ma mère. De loin, je la sens perdue, inquiète, affolée, indécise.Elle me fait penser à une taupe aveuglée par le soleil, prise de peur elle ne fait qu'angoisser. Quant à son mari - mon père - il est tout autant désorienté, seulement, lui, ne dit rien. Il a les yeux dans le vide avec le cœur immobile.
Vêtu d'une chemise blanche que je porte à l'université, je m'approche d'eux, confus et sanglotant ; j'ai peur de les voir se séparer, ou pire encore ; qu'ils divorcent. Qu'ont-ils fait pour dérapé ? Je pense que la caisse de bouteilles vides sur la table devait tout expliquer.
Il a recommencé. Cela faisait une paire de mois que mon père n'avait plus bu une seule goutte d'alcool depuis qu'il était allé voir un médecin à cause de son alcoolisme à temps complet. C'est ce qu'il disait et ce qu'il faisait paraître, mais maintenant que je vois ces  bouteilles sèches je crois dur comme fer au contraire. Le voilà à nouveau piégé dans cette cuve infernale. Ma mère est épuisée de se démener pour un homme qui n'est pas prêt à avancer sur le chemin de la bonne santé. Il est trop égoïste, en ne pensant qu'à se réfugier dans un plaisir artificielle où il est seul. Il finira seul.
Maintenant ils me voient sur la pas de la porte de la cuisine, ma mère arrêta tout geste et tout son, me contempla avant de se résoudre à m'inviter à m'asseoir sur cette chaise qu'elle désigne sans même la regarder. Mon père muet sur une autre planète ne pose ni œil ni cil sur moi. Je le dévisage avec colère. Je veux des explications.
En cachette, il sortait acheter ses liquides sucrés avec l'argent qu'il gagnait. Au chômage depuis quelques années déjà, il avait trouvé un poste à la paroisse ; tous les après-midi il s'occupait du jardinage autour de l'église avec le curé. Il n'a qu'un fluet revenu, encore amaigri ces temps-ci.Où est-ce que ma mère a retrouvé ces cadavres ? Je n'en peux plus de cette angoisse. Un malade vit sous mon toit, jours et nuits ils hurlent comme Alpha et Beta d'une meute sanguinaire. Les mots qui sortent de leurs bouches sont infiniment plus violents que les coups qu'ils substituent.
Dans quelques jours j'ai les examens les plus importants de l'année à passer, au lieu de réviser je me retrouve à essayer de régler un problème de famille qui ne me concerne qu'en arrière plan. C'est le fils qui s'occupe du père, c'est le père qui ignore les efforts. Ce quiproquo incessant épuise ma mère, elle est parti en me laissant seul avec lui en promettant de revenir avant la tombée de la nuit.
Il est quinze heures vingt-huit, je surveille mon père ivre, j'attends ma mère perdue, j'essaye d'apprendre mes cours pour le contrôle préparatoire de demain. Je le surveille et il n'aime pas ça. J'esquisse un sourire en coin lorsque je l'entends souffler. Les ivrognes d'aujourd'hui nous font voir bien des choses. Ma mère est partie il y a maintenant dix minutes pour parler au curé, la seule personne en contact avec mon père quand il était à l'extérieur de la maison. Elle espère avoir des réponses à ses questions.
Soudain mon téléphone vibre, c'est ma mère au bout du fil : « Dis à ton père qu'il peut faire sa valise, et qu'il emporte tout ce qu'il a. Il part pour le foyer Saint Pierre dans une heure.
-Avec tous les litres qu'il a bu tu penses encore pouvoir sauver son foi ? Franchement maman, il faut l'emmener à l'hôpital le plus proche. La théologie ne l'emportera pas sur la médecine.
- Il y croit. Tu ne connais pas l'effet placebo toi qui fais médecine ?
- Son problème, c'est son amour trop fort pour l'alcool, et ça, ça se soigne. Le bon Dieu ne peut plus rien pour lui, Lucifer l'attend déjà dans son lit ! »
Après avoir raccroché brusquement le téléphone je sens le regard pitoyable de mon père sur moi. Je lève les yeux, enfin un face à face digne de ce nom. « Tu as tout entendu donc va préparer ton sac, mais je ne veux voir aucune bouteilles. » Sans grogner il s'exécute, quand il passe près de moi je sans son souffle imbibé dans mon cou, il s'approche de mon oreille pour me murmurer quelque chose qui ressemblait à ça « Tu es mon fils, c'est dans les gênes. », je ne réagis pas. C'est impossible, je ne serais jamais aussi assoiffé que lui. En quittant la maison il n'aura plus aucune influence sur moi et je pourrais réviser mes examens en étant au sommet de la concentration. Je n'aurais plus à m'occuper de cet ivrogne.
Je lui en veux, il a menti, quel hypocrite ! Et en plus il croit pouvoir obtenir son « Salut », sera-t-il prêt à


La fin est rude, non? J'ai préféré couper au milieu de cette phrase car il est facile d'imaginer la suite bien que je n'arrive pas encore à me décider sur l'avenir noir de mes héros fictifs. 
Si ce début vous plait n'hésitez pas à me le dire par commentaire, et partagez-le à l'infini pour témoigner de votre passion! 

Bonne soirée et #CoupDeJu

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