29 janvier, 2015

L'illusion

Voici ma première nouvelle, je pourrais expliquer pendant des heures les sens cachés, les messages que je souhaite transmettre mais maintenant je vous laisse lire et vous divertir; 






  « Le pire arrive toujours aux plus démunis », c’est une triste forme de la vie.
 Une cave humide, l’ombre souffrante d’un père disparu au coin de la porte grillagé, trois enfants, inexpressifs assis sur un sofa souillé ; attendant une mère absente. Tel est le sort et la demeure de la famille Laumier.
Frédéric a quatorze ans, il est le plus âgé et s’occupe de ses deux jeunes sœurs depuis l’arrestation de sa mère il y a quelques jours. Il ignore tout des raisons pour lesquels il se retrouve privé de ses parents, lui, qui est resté terré toute son enfance dans cette cave enfouie à six pieds sous terre.
Mais tout bascule par cette soirée enneigé, par un baiser glacé du vent de janvier.
Ce soir, dans le quartier calme au bord de la forêt où la famille Laumier avait trouvé logis dans la cave d’une maison brûlée et abandonnée, Frédéric pense et fixe le mur marquée par la moisissure pendant que ses sœurs, à peine âgées de quatre ans toutes les deux, sont sorties pour jouer. « Il fait noir, personne ne les remarquera » se répète-t-il à haute voix, juste pour se rassurer, à croire que ses fines paroles allaient changer le cyclone de sa vie. Lui était trop peureux ; jamais il n’est allé à l’école, jamais il n’eut d’amis, jamais il ne connu la chaleur de l’amour mais pourtant toujours il adopte un sourire. Mais n’était-ce pas qu’une façade qui pourrait s’effondrer avec l’usure ?
Effectivement, la chute eut été réalisée car ce soir Frédéric ne souri plus, son visage est figé par la solitude. D’une pulsation cardiaque demandant l’effort d’une bouffé d’air s’enchaînent trois battements de cils avant que les yeux gris de Frédéric se transforment en tempêtes de larmes. Il souffre, se pose mille et une questions sur ce qu’il allait devenir, comment il allait survivre et faire vivre ses sœurs en jouant et torturant une petite clé de cadenas qu’il avait trouvé lorsque ses parents c’étaient introduit dans la ruine des malheurs douze ans plus tôt.
Épuisé de ses larmes et fatigué d’attendre une mère qui ne reviendra pas, Frédéric range la clé dans sa poche et se dit qu’il faudrait peut être songer à un éventuel soupé, or il n’y a plus rien à manger. Il décide alors de partir à la recherche de quelque chose de comestible, dans le froid et la nuit, il espère revenir rapidement de sa mission.

Respirant l’air du jardin que le froid de janvier fait humide, il essaye de marcher au travers des monticules de neiges avec peine. Étant donné que de nombreux pièges étaient dissimulés sous cette couche épaisse de flocons, Frédéric se prend les pieds dans les racines du grand noyer et heurte une autre racine avec ça tête. Il ne souffre pas longtemps. Il se relève vite et continue d’avancer. Quelques minutes plus tard il se balade au bord de la rivière éclairée par une file de réverbères. Ses pas légers sonnent et raisonnent comme des biscottes lorsqu’il touche la neige au dessus du sentier de graviers, quand soudain un tintement de clochettes retentit afin de rompre le moindre bruit de ses gestes. Il reste figé, examinant les alentours pour s’assurer que ses sœurs ne l’ont pas suivies… mais en se retournant c’est une fille qui a à peu près son âge qu’il voit. Cette fille est étrange, son œil de droite était bleu tandis que celui de gauche était vert, la clarté du réverbère se miroitait sur son parfait front de porcelaine que ses boucles blondes effleuraient selon le vent.Après un long moment d’analyse, Frédéric dont la peur et la timidité s’envole dit d’un air intrigué : « Tu n’as pas peur de sortir à cette heure si dans le froid et la nuit ?  -Non, lui répond la jeune fille, je ne vois pas de qui ou de quoi je pourrais avoir peur, ce n’est qu’un décor de saison. »
« Je suis Rowan enchantée de faire ta connaissance Frédéric, en quoi puis-je t’être utile ? ». S’il n’était pas surpris il aurait sans doute dit qu’il recherchait un monde où il aurait une vie meilleure mais cependant il ne comprend pas comment Rowan a fait pour connaître son prénom et savoir qu’il a besoin d’aide. A-t-il oublié une partie de ce qui c'est passé lorsqu'ils se sont rencontrés ? Non, toutes fois il a mal à la tête et froid au nez.
Après ce bref instant de raisonnement notre adolescent reprend la parole, avec calme et sérieux : « Sais tu où je pourrais trouver de quoi faire à manger ? ». Rowan lui fit signe de la suivre en silence et lui prend la main, à ce moment là il ressent quelques picotements chaud dans son ventre, ce n’est point une brûlure mais une chaleur agréable qui ne tarde pas à se répandre dans tout son corps. La joie sans doute ! Frédéric sourit.
Au bout d’une heure de balade il se retrouve avec les poches pleines de châtaignes et de noix. Il invite cette créature étrange à venir souper avec lui et ses sœurs . Comblée par la proposition elle accepte sans une seconde d’hésitation. En arrivant à la sortie de la forêt, ils passent par un chemin inconnu et difficile d’accès, Frédéric se propose de passer avant elle de façon à ce qu’il lui indique le chemin le moins dangereux étant donné la raideur du passage. Hélas ! Frédéric posa le pied sur un tas de neige dissimulant une pierre mobile, il roula avec la pierre et tomba, la tête la première sur une racine de noyer, le nez en l’air. Tout va si vite. Tout change autour de lui, une grande ombre gracieuse fonce sur lui, serais-ce Rowan ? Sa mère ? Puis l’ombre se divise en deux êtres plus petits. Frédéric ouvre les yeux, ce sont ses deux sœurs qui l’ont sorti de son rêve un peu fou. Allongé dans la neige il sort quelque chose de sa poche afin de remercier ses sœurs. Il espérait tant que ce soit de la nourriture mais il leur tend la clé, seul objet qu’il possède.
Rien de tout ce qu’il a vécu n’avait de sens. Tout était rêverie et désir. Son Odyssée avait commencé en lui, à travers lui.
Il comprend alors que la vie n’est qu’une illusion ayant le pouvoir de changer de décor, lorsque l'on est capable de se recréer un monde, on devient metteur en scène de notre propre vie, il n'y a plus qu'à jouer.




J'espère que vous avez eu une bonne lecture.

Ju'

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